Dans l’arène culturelle du Congo, rares sont les artistes à avoir porté le flambeau de l’oralité aussi haut sur la scène internationale. En décrochant la médaille d’or dans la catégorie « Conte et conteurs » lors des 8ème Jeux de la Francophonie à Abidjan en 2017, Julles Ferry Moussoki avait hissé la création congolaise au sommet de l’espace francophone. 9 ans plus tard, le constat est amer : l’art du conte s’éteint à petit feu, emportant avec lui un puzzle du patrimoine culturel national.
Un talent d’exception laissé dans l’ombre
Si la reconnaissance internationale a un temps mis en lumière son talent divin pour la scène et la parole, le quotidien de l’artiste s’inscrit aujourd’hui dans une forme d’invisibilisation progressive. Au Congo, où les arts de la scène peinent à trouver des financements pérennes et des espaces de diffusion réguliers, les créateurs de premier plan se retrouvent fréquemment livrés à eux-mêmes.
La trajectoire de Julles Ferry Moussoki illustre le paradoxe auquel sont confrontés de nombreux acteurs culturels et artistes locaux : célébrés lors des grands rendez-vous diplomatiques ou compétitifs, mais oubliés une fois les projecteurs éteints.
La question cruciale de la transmission aux jeunes générations
Au-delà du parcours individuel de l’artiste, c’est l’avenir même du conte au Congo qui s’inscrit en pointillés. Art de la mémoire, de la pédagogie et de la préservation de l’identité, le conte ne peut survivre sans un passage de flambeau structuré.
Julles Ferry Moussoki constitue une ressource humaine et artistique inestimable. Son expérience du haut niveau et sa maîtrise technique font de lui le profil idéal pour piloter des programmes de formation, encadrer des résidences d’écriture ou animer de futurs ateliers nationaux destinés à la jeunesse.
Urgence d’une politique de sauvegarde du patrimoine vivant
Sans une prise de conscience collective et une intervention ciblée des acteurs culturels et institutionnels, le Congo risque de perdre l’un de ses derniers grands passeurs d’histoires. La valorisation des artistes de leur vivant ne doit plus être une option, mais une priorité stratégique pour préserver l’imagerie et la mémoire collective du pays.
Création d’écoles de l’oralité, soutien aux tournées nationales ou intégration du conte dans les parcours éducatifs : les pistes existent pour permettre à Julles Ferry Moussoki , trésor national vivant dont le savoir-faire menace de disparaître sans transmission de former la relève et de redonner au conte congolais ses lettres de noblesse.






