Lancé il y a plusieurs mois pour endiguer le fléau du désordre informationnel, le projet « Stop Lokuta » porté par l’Initiative Stop Désinfo (ISD) en partenariat avec Fact-Check Congo et Journalisme Éthique Congo (JEC), avec l’appui de l’Ambassade de France au Congo a officiellement achevé ses activités le 2 octobre à Brazzaville.
Cette cérémonie de clôture a permis de dresser un bilan riche en réalisations concrètes, marqué par l’ancrage sur le terrain et la mise à l’honneur des lauréats du concours « Stop Lokuta ».
Plus qu’une formation, une véritable école du doute et de l’action
Depuis son lancement, le projet est parti d’un constat simple rappelé par Berdy Pambou, représentant de l’ISD : la désinformation ne se combat pas seulement en la dénonçant, mais en formant, en sensibilisant, en transmettant des outils et, par-dessus tout, en apprenant à douter et à vérifier.
De Brazzaville à Pointe-Noire, journalistes, créateurs de contenu, acteurs de la société civile, magistrats, mais aussi élèves et étudiants ont ainsi été outillés aux techniques de fact-checking et d’OSINT.
L’un des temps forts du programme a résidé dans son immersion de terrain. À Pointe-Noire, le travail mené en collaboration avec le Samu social a permis aux participants de quitter les salles de classe pour confronter leurs acquis aux réalités concrètes, recueillir des témoignages et produire des reportages ancrés dans le quotidien. Cette démarche éditoriale s’est prolongée à travers le programme Kotonga, donnant naissance au film documentaire « Ce qui change. Ce qui résiste. », qui interroge l’impact réel des projets face à la complexité du terrain.
Un bilan chiffré et inclusif
Le formateur de l’ISD, Chris Atongui, a dressé un bilan éloquent de ce programme :
« Plus de 40 fact check ont été réalisés, de 40 personnes formées à Brazzaville et à Pointe-Noire aux techniques de vérification d’images et de vidéos. Plus de 300 élèves et étudiants sensibilisés dans les deux villes du pays notamment les jeunes sourds de l’Institut des Jeunes Sourds de Brazzaville. Plus de 24 vidéos de sensibilisation sur la désinformation ont également été produites en français, en lingala, en kituba et en langue des signes. Nous avons aussi travailler avec des web humoristes. »
Au-delà des chiffres, le véritable succès du programme réside dans l’ancrage de nouveaux réflexes durables. Face à une information ou une image circulant sur les réseaux sociaux, les participants partagent désormais tous la même interrogation spontanée : « Est-ce vrai ? Et comment puis-je le vérifier ? »
Rophiel Essemou et Jordan Zougany à l’honneur

La cérémonie de clôture a également été l’occasion de récompenser les deux lauréats du concours de production « Stop Lokuta » à savoir Jordan Zougany dans la catégorie Créateur de contenu et Rophiel Essemou, journaliste et activiste des droits humains, dans la catégorie Journaliste.
Exprimant sa fierté au nom de toute la cohorte, Rophiel Essemou a salué une distinction qui symbolise l’aboutissement d’une aventure collective.
Vers de nouveaux réflexes partagés
Si le projet « Stop Lokuta » s’achève, c’est désormais dans les rédactions et sur le terrain que le combat continue, avec l’ambition intime qu’un nombre croissant de citoyens prennent le réflexe de s’arrêter quelques secondes pour questionner l’information avant de la relayer.






