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2MY PARTY : ZINA HOPE SUR SCENE A ALHAMBRA LE 29 FEVRIER 2020

Zina Hope se livre sans concession sur sa vie artistique et son approche de la scène, juste avant son concert du 29 février à l’Alhambra.

Tu seras à l’Alhambra Restaurant le 29 février pour la 2My Party ? A quoi peut-on s’attendre ?

C’est peut être une réponse bête, mais c’est un concert avec des musiciens et des instruments de musique ! Je ne conçois pas un « live » autrement.  Je ne m’imagine pas prendre du plaisir à chanter sur une bande son.  Et si ne pas aimer chanter en playback ou semi live doit me priver de certaines représentations publiques, ce n’est pas bien grave.

La scène te semble donc plus simple pour t’exprimer ?

C’est plus simple dans l’idée que je me fais pour partager mes chansons, oui ça me semble plus naturel. Mais ça, c’est dans l’idée ! Dans la réalité c’est évidemment plus compliqué. A l’Alhambra, je serai accompagnée de 5 musiciens et 2 choristes, sans oublier une comédienne et un comédien. C’est un peu comme une micro entreprise qu’il faut savoir gérer.  Cela prend donc beaucoup plus de temps, d’organisation pour les répétitions, plus d’énergie. La vraie difficulté, c’est la ponctualité, au Congo peu d’artistes ont compris que c’est la base du professionnalisme. Et puis c’est aussi, pour le moment,  financièrement moins rentable que d’aller faire un show case dans une discothèque avec ses instrus en MP3 dans son sac à main.

Justement, tu arrives à gagner de l’argent avec ta musique ?

Je n’ai que 24 ans, je commence à peine, je ne me pose pas vraiment cette question, ça tombe bien : l’argent n’est pas mon moteur. J’arrive à survivre, j’arrive à avancer, et je ne vois pas mes efforts comme des sacrifices mais plus comme un investissement. Il y autour de moi des gens qui partagent ma vision de la musique et qui l’aiment, j’ai la chance d’être aidée ici et là,  je pense notamment à Luc Zanghieri, André Collet, Sam Guettard ou encore Bisseyou. Alors, je ne me plains pas, les temps sont durs mais je suis heureuse, c’est l’essentiel.

Il y aussi ton manager, en quoi t’aide t’il ?

J’ai, c’est vrai, un contrat de management d’une dizaine de pages, je les ai à peine lues. Car cela va beaucoup plus loin, c’est entre mon manager et moi un contrat de confiance et d’une confiance aveugle. Il est plus qu’un manager, c’est un véritable créatif et qui est à mes côtés, pour la beauté du geste. Nous avons tracé ensemble une sorte de ligne directive, de ce que j’aimerai mais aussi de ce que je ne veux pas. La ligne est claire et nous avons la même exigence, faire les choses pour le plaisir et les faire du mieux possible. Il m’apporte sa longue expérience de l’industrie musicale, il m’oriente, me conseille, propose et n’impose jamais, il me laisse toujours la liberté de décider seule. C’est très confort pour moi.

Pour aller plus loin, aimerais plus de soutien des institutions, des pouvoirs publics ?

Même pas ! Je n’y songe pas, même dans mes rêves. Heureusement, d’autres solutions existent. J’imagine que ce concert à l’Alhambra serait difficile à mettre en place s’il n’y avait pas les sponsors.  Je suis aussi heureuse de voir par ailleurs des marques commerciales communiquer à travers les artistes. Par exemple le « Chill Citron » de Bralico donne plus de visibilité aux artistes que ne pourrait le faire le Ministère de la Culture. Les temps changeront probablement. Mais le contrat image est une bonne alternative pour que les artistes existent.  Moi même, j’ai bénéficié de contrat image de TNT AFRICA et de la BCI Congo. Les marques ont un rôle culturel à jouer, il nous appartient de les encourager.

N’y a t’il pas le risque d’être prisonnier d’une image, d’une marque, d’un produit ?

Je ne crois pas, il faut simplement trouver la bonne correspondance entre la marque et l’artiste, que ca reste cohérent pour tout le monde, y compris pour le public. Ca suppose et impose aux artistes de soigner leur image, c’est une bonne chose. Les artistes représentent une image publique, ils doivent se sentir responsables des signaux qu’ils envoient à la jeunesse. La slameuse Mariuska Moukenge le fait très bien par exemple, elle communique beaucoup mais toujours de façon élégante, c’est la même chose pour Nestelia Forest qui joue la carte sexy mais toujours dans la juste mesure.

Puisque tu parles d’image, penses tu que médias sont défaillants à promouvoir les artistes ?

Certains oui, parce qu’ils placent l’effet buzz et le sensationnel avant l’information. Mais de façon générale, j’ai de bonnes relations avec les médias et je n’ai pas le sentiment qu’ils posent des barrières pour défendre les musiques du Congo. Je crois même au contraire que c’est le milieu musical qui devrait parfois se remettre en cause. C’est un constat à tous les niveaux, si je devais parler par exemple de l’enregistrement de mon album en cours, ça a été une vraie catastrophe, ça va au delà de l’amateurisme avec un manque de respect total de l’ingénieur du son. Dans ce studio,  j’y ai perdu ma joie d’enregistrer. J’ai préféré arrêter le travail.  Mon album est en stand by, je le reprendrai début mars dans un autre studio, d’autres conditions.  Par bonheur, mon courage est intact.

Tu as également le courage de t’exprimer à cœur ouvert…

Ce n’est pas du courage, simplement un élan de sincérité. Je sais que c’est à contre courant du milieu dans lequel j’évolue, où le sens critique est vécu comme une agression.  Et puis c’est aussi, je crois, le rôle d’une artiste dans la société : exprimer haut ce que certains peuvent penser tout bas. J’ai ce même parti pris dans certaines de mes chansons où je dénonce les violences conjugales, l’irresponsabilité de certains pères de famille ou encore les abus sexuels sur des enfants. Ce qui est paradoxal c’est je que n’ai rien d’une jeune femme engagée, je ne suis pas le porte-voix de ma génération, je suis une fille simple et même une fille ordinaire.  J’aborde donc dans mes autres chansons des thèmes plus légers, qu’ils soient congolais ou africains, je suis très attachée au texte,  ça doit avoir du sens, les chansons d’amour avec des « yeah baby » toutes les 4 mesures c’est pas mon truc.

Pour en revenir à ton concert, c’est là aussi très compliqué pour toi ?

A la base, au Congo,  tout est compliqué et pour tout le monde. Il faut apprendre à travailler entre les coupures de courant, les embouteillages, les veillées, la pluie et la notion de l’heure. Ca n’aide pas forcément à être dans le bon timing pour des choses pourtant importantes. Moi, je me dis que je dois m’adapter aux circonstances avec l’idée d’être prête à l’heure H du jour J.  Pour cette soirée, j’ai la chance que 2MY Records, qui organise l’événement, réunisse les conditions pour que je fasse un bon concert. A moi d’être digne de leur confiance. Mais rien n’est jamais gagné, il y a toujours une part d’imprévu,  je peux avoir quelques défaillances, je ne suis pas une machine, il y a toujours un facteur risque à faire un live. C’est aussi ce qui est excitant.

Tu es stressée avant de monter sur scène ?

Spontanément je vais te répondre « Non ça va » mais je crois que oui en fait ! lol ! Bon, le stress d’avant concert ne me dérange pas trop, comme je manque d’expérience pour la scène, je me dis que ça doit être une chose normale. Et puis je ne suis pas seule, ce qui me rassure, ce sont les musiciens, je sais que derrière moi ils assurent, ils sont vraiment très bons. Il n’y aura ni tables, ni chaises à l’Alhambra Restaurant, Antar sera là lui aussi en concert, le public sera debout, ça va le faire.

Le mot de la fin ?

Le mot de la fin est un mot d’admiration. Je suis en effet admirative de chaque chanson, chaque poème, chaque film ou pièce de théâtre, chaque émission, chaque toile ou sculpture qui arrivent à naitre dans mon pays, car derrière chaque projet, qu’il me plaise ou pas, qu’il soit réussi ou non, qu’il apparaisse à la lumière ou reste dans l’ombre, se cache une volonté, une énergie, une forme de croyance.  Tout cela contribue à notre oxygène dont nous avons  tous besoin.

2MY PARTY. Alhambra Restaurant [Pointe Noire]. 29 février / 20H.

Avec Antar et Zina Hope en concert. DJ Zash, Kizomba Danse et invités surprise.

La congolaise242

 

 

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